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Une alliance internationale affronte la crise des antivenins africains

Friday, March 17, 2017

La Société africaine de Vénimologie, l'Institut de biotechnologie de l'Université nationale autonome du Mexique et l'Institut VIPER de l'Université de l'Arizona se sont alliés pour offrir des services dans le domaine des biotechnologies et de la formation dans le but de faire face à l’insuffisance de la prise en charge des morsures de serpent sur le continent africain.

TUCSON, 20 mars 2017 – UNIVERSITE D’ARIZONA

MÉXICO, 20 mars 2017 – UNIVERSITE NATIONALE AUTONOME DU MEXIQUE

COTONOU, 20 mars 2017 - SOCIÉTÉ AFRICAINE DE VENIMOLOGIE

COTONOU, Bénin – Les morsures de serpent venimeux tuent environ 150 000 personnes dans le monde chaque année - en raison de graves pénuries d'antivenins à coût raisonnable et du manque de formation du personnel de santé aux traitements d’urgence.

Aujourd’hui, une alliance internationale avec des experts des Etats-Unis, du Mexique et d'Afrique s'est constituée pour aborder ce problème et proposer un projet visant à améliorer l'accès à des antivenins de qualité pour sauver des vies dans des régions où l'incidence des morsures de serpent est élevée.

L'alliance se compose de :
• La Société Africaine de Vénimologie (SAV-ASV)
• L'Institut de Biotechnologie de l'Université Nationale Autonome du Mexique (Institut de Biotechnologie, IBt / UNAM)
• Le VIPER Institute, Université de l'Arizona (UA)

Les partenaires de l'alliance développent une série de vidéos pédagogiques sous-titrées en anglais, français et espagnol pour sensibiliser les professionnels de santé africains à l'utilisation appropriée des antivenins et aux meilleures pratiques pour traiter les patients mordus par un serpent. (Une bande annonce de démonstration en ligne est disponible en français, en anglais et en espagnol.

En français : https://vimeo.com/channels/venimologie,

En anglais : https://vimeo.com/channels/venimology

En espagnol : https://vimeo.com/channels/venenologia

L'alliance travaille également avec les gouvernements, l'industrie et d'autres collaborateurs pour développer et introduire des antivenins de haute qualité à prix raisonnable en Afrique subsaharienne.

« En bref, le monde manque d'antivenins en quantité suffisante pour ceux qui en ont le plus besoin ; la plupart des médecins ne sont pas formés à leur utilisation ; et le coût unitaire de l’antivenin est d’autant plus élevé que les quantités utilisées sont faibles », a déclaré Leslie Boyer, médecin, directrice de l'Institut Venom Immunochemistry, Pharmacology and Emergency Response (VIPER) à l'UA. Pour résoudre ce problème, les médecins, les patients, les ministères de la santé et les entreprises du médicament doivent fournir un effort commun» a-t-elle insisté.

S'assurer que l'Afrique subsaharienne dispose d'un antivenin à prix raisonnable en quantité suffisante profitera également aux États-Unis et aux autres pays occidentaux. « Les États-Unis ont besoin d'un cadre légal et abordable pour obtenir des antivenins efficaces contre les morsures de serpents pour les rares cas où nos concitoyens sont mordus par des serpents exotiques », a expliqué le Dr. Boyer.

Le Dr. Achille Massougbodji, président de la Société africaine de Vénimologie, a précisé : « Près de 5 millions de personnes sont mordues par des serpents venimeux chaque année dans le monde, dont environ 150 000 meurent. Le problème est particulièrement grave en Afrique subsaharienne, où nous avons connu une pénurie de bons antivenins pendant de nombreuses années. Les experts de la Société africaine de Vénimologie travaillent à réduire le nombre de personnes qui meurent ou sont handicapées, mais nous avons besoin d'un antivenin sûr et efficace. »

Le Dr. Alejandro Alagón, professeur à l'IBt / UNAM, a assuré que : « La fabrication d'un bon antivenin pour une région - comme l'Afrique subsaharienne - dépend d'une excellente collaboration et communication. Nous devons savoir exactement quels venins de serpent utiliser, combien de doses sont nécessaires et quelles sont les conditions de stockage des pharmacies. L'équipe de biotechnologie doit recueillir les meilleures informations possibles auprès d'experts en Afrique. »

Les antivenins développés par le Dr. Alagón et ses collègues au sein de l'alliance sont utilisés pour traiter 1 000 patients par jour dans le monde.

« La technologie moderne permet de fabriquer des quantités suffisantes de produits antivenimeux thermostables de haute qualité, mais les conditions du marché en Afrique peuvent être très difficiles. La certification de bons produits par les autorités agréées et les achats de grande envergure par les gouvernements ont contribué à améliorer la qualité et réduire les coûts », a souligné Juan López de Silanes, président d'Inosan Biopharma, qui produit des antivenins pour l'Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord, y compris un antivenin contre les serpents corail actuellement en cours d’essais cliniques aux États-Unis.

« Même un antivenin certifié de haute qualité ne sauvera pas de vies s’il n’est pas correctement utilisé », a rappelé le Dr. Boyer. « Une formation efficace des médecins, des infirmières, des professionnels de la santé publique et du public doit se faire en amont - car une morsure de serpent mal traitée peut tuer en quelques heures. De plus, permettre aux médecins de traiter une morsure de cobra ou de mamba de façon efficace est doublement difficile en Amérique du Nord, où le petit nombre de cas signifie que les équipes médicales sont moins préparés qu'en Afrique », a-t-elle ajouté.

Pour aider à relever ces défis, l'alliance internationale pour le traitement des morsures de serpent s'est associée à Ray Morgan, producteur du documentaire réputé, The Venom Interviews, qui décrit les activités des herpétologues américains impliqués dans la production de venin et la recherche toxinologique. Ensemble, le groupe produit une série de vidéos de formation de courte durée qui seront disponibles au cours de cette année.

« La technologie vidéo d'aujourd'hui permet aux experts internationaux de partager des informations rapidement, partout dans le monde. Les médecins, les scientifiques, les représentants gouvernementaux et les entreprises en basés en Afrique, au Mexique et aux États-Unis peuvent travailler ensemble comme jamais auparavant. Ils peuvent publier leurs connaissances en ligne, où collègues et étudiants peuvent les trouver à tout moment, qu'ils parlent anglais, français ou espagnol » a commenté M. Morgan.

Et le Dr Jean-Philippe Chippaux, directeur de recherche à l’IRD et fondateur de la SAV-ASV, de conclure : « En travaillant ensemble et en appliquant les technologies modernes de communication et de fabrication, nous pouvons surmonter le cercle vicieux de la pénurie d'antivenins qui a frappé l'Afrique subsaharienne pendant des décennies. L'un des principaux besoins est la formation du personnel de santé à tous les niveaux. La Société Africaine de Vénimologie est heureuse de partager ses connaissances avec l'Institut de Biotechnologie de l'UNAM et l’Institut VIPER de l'UA pour créer un ensemble de modules de formation à l’intention des professionnels de santé en Afrique et dans le monde. »

Photos disponibles sur : http://opa.ahsc.arizona.edu/african-antivenom-crisis-release-photos

Où nous trouver :

UA VIPER Institute, viper.arizona.edu

Institute of Biotechnology, morelos.unam.mx

African Society of Venimology (Société Africaine de Vénimologie, SAV-ASV), on FaceBook: facebook.com/groups/venimologie; on Twitter, @Venimologie

Pour toute information suppélmentaire, contactez-nous :

USA/English: Leslie Boyer, boyer@viper.arizona.edu, 1-520-626-1118

México/Español: Alejandro Alagón, alagon@ibt.unam.mx, alagon@ibt.unam.mx +52 (777) 329-1649

Benin/Français: Achille Massougbodji, massougbodjiachille@yahoo.fr, +22995954419

Benin/English or Français: Jean-Philippe Chippaux, jean-philippe.chippaux@ird.fr, +22994345110

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